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INTERVIEWS

03/02/11

VHS - FLEXA LYNDO

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C'EST EN COLLABORATION AVEC LES DANSEURS DE « NAMUR BREAK SENSATION » ET LE VJ SAM* QUE LES ROCKEURS NAMUROIS DE FLEXA LYNDO ONT CRÉÉ LEUR PREMIER SPECTACLE INTITULÉ VHS : VIDÉO – HOMMES – SON, MÉLANGEANT SUBTILEMENT ART VIDÉO, ROCK ET BREAK DANCE. EXPÉRIENCE PEU HABITUELLE POUR UNE FORMATION WALLONNE. NOUS AVONS ÉTÉ LES APPLAUDIR AU THÉÂTRE DE NAMUR OÙ ILS TRIOMPHAIENT DEPUIS LE 25 JANVIER. ET NOUS AVONS POSÉ QUELQUES QUESTIONS À LOÏC B.O., CHANTEUR-GUITARISTE DE FLEXA LYNDO ET CO-AUTEUR DU SPECTACLE.

Comment est venue l'idée du projet « VHS » ?

Tout d'abord, il faut savoir qu'ici à Namur, il y a Flexa Lyndo qui est actif depuis 15-20 ans et que Namur Break Sensation, nos trois breakers dans le spectacle, sont aussi actifs depuis ce temps-là. On est de la même génération et on s'est toujours intéressés de près ou de loin à ce que les autres faisaient. À l'initiative de Sam, le VJ (ndlr : Video-jockey) avec qui on tournait pour le dernier album de Flexa Lyndo, on s'est rencontrés et on s'est dit qu'on pourrait essayer de se lancer dans une création en commun. Il y a deux ans, une compagnie namuroise qui s'appelle Victor B et avec qui les breakers avaient déjà fait deux spectacles qui ont tourné dans toute l'Europe, ont organisé un plateau ouvert pour leur anniversaire où ils ont dit à plein de collaborateurs de la compagnie que toutes les propositions étaient les bienvenues. On s'est dit qu'on allait tenter un essai : on a fait un VHS en formule courte de vingt minutes. Vu l'enthousiasme que l'on avait  et l'intérêt à l'extérieur, on a commencé à faire les dossiers, démarches, trouver les producteurs,…  Au final, il y a le Théâtre de Namur, Charleroi Danse, Victor B et la Communauté française qui nous aident pour ce qui est notre premier spectacle sur un plateau de théâtre, ce que je n'aurais jamais imaginé à l'époque.

Est-ce que ça a été difficile de passer de musicien « normal » à un rôle de comédien ?

En même temps, le côté comédien est très dosé. Au départ, on voulait écrire un set et faire entièrement le spectacle nous-mêmes. Mais en étant sept sur le plateau, ce n'est pas toujours évident d'avoir du recul. Alors on a appelé un ami avec qui on avait déjà collaboré plusieurs fois en dix ans qui vient plutôt du théâtre, même si pas conventionnel, et qui s'est attaché dans les deux derniers mois au rôle de metteur en scène. Avec toute la matière qu'on avait accumulée, il a recoupé ou regroupé des scènes et il a remis le tout en forme parce qu'on avait plein d'idées dans tous les sens. Tout ça nous a paru assez naturel. Très vite, on a dit qu'on ne voulait pas de jeux d'acteurs, etc… Il fallait qu'on trouve une raison d'être scène sans pousser le jeu à fond. Tout ce qui nous arrive dans le spectacle est assez proche de notre vie, les breakers qui se blessent, etc…  Il fallait aussi qu'on se trouve assez proche de ce qu'on avait fait avant.

Est-ce que ça a été compliqué de travailler avec des personnes extérieures à Flexa Lyndo, de concilier les envies et les personnalités des différents intervenants ?

Avec Flexa Lyndo, il y a toujours eu un très long temps entre les albums où on a collaboré avec d'autres personnes, où on s'est provisoirement séparés pour se lancer dans d'autres projets. Donc depuis le début, c'est très naturel dans le groupe de collaborer avec d'autres domaines. De mon point de vue, je trouve que ça s'est très bien passé. Les breakers étaient prêts à prendre les mêmes risques que nous.

Est-ce qu'il y a une part d'improvisation dans le spectacle ?

Oui, parce que l'utilisation de la technologie se fait en direct. Donc d'un soir à l'autre, il y a des scènes qui ne sont pas tout à fait semblables. On ne voulait pas une bande préenregistrée après laquelle on court pendant tout le spectacle. Les capteurs au sol sur lesquels on appuie, ce genre de choses, ça nous donne un peu de mou. On sent que quand on est dedans ou un peu moins, ça donner une teneur différente.

Ça fait déjà quelques temps que l'art visuel a envahi les prestations de Flexa Lyndo, est-ce que c'est indispensable pour vous de combiner d'autres disciplines à la musique ?

Pas forcément. On prend plaisir à le faire, mais à certains moments on prend aussi du plaisir à se recentrer sur la musique. J'ai sorti un album solo en mai où j'ai tout ramené à sa plus simple expression : je n'étais entouré que de trois personnes sur scènes (des cordes et un batteur) et il n'y avait pas de spécifications lumières, images, etc… ça me fait aussi plaisir de me retrouver dans un petit café à jouer en formule légère, mais j'aime aussi me retrouver dans quelque chose de plus poussé comme ici. Ce n'est pas indispensable, c'est en fonction du projet, mais c'est vrai qu'on a une grande attirance pour tout ça.

On vient d'assister à l'avant-dernière séance au théâtre de Namur. Est-ce qu'il y aura d'autres représentations ?

Là, on est dans la foulée de la création. Le but, c'était d'amener des professionnels, d'être reprogrammés. Et à mon grand étonnement, ils ont débarqué et ils ont beaucoup aimé. J'avais un peu peur du réflexe des gens qui viennent du milieu théâtre ou danse et qui nous reprochent de ne pas en être. Mais l'accueil est vraiment bon, donc je suppose qu'il y aura d'autres dates. Mais c'est un autre monde que la musique, c'est des programmations à la saison donc si ça tombe on ne va pas jouer pendant un an avant d'être reprogrammés la saison prochaine ailleurs. Le temps de gestation est beaucoup plus long.

En dehors de VHS, est-ce qu'il y a de l'actualité pour Flexa Lyndo ?

L'actu, c'est VHS. C'est intéressant parce qu'on ne se dit pas qu'il faut un disque et puis un autre, un autre, un autre… Là on a créé un spectacle et je ne pensais jamais faire ça un jour ! Après ça, on aimerait bien s'y remettre. Tout ça nous a donné envie de revenir à la musique après ces détours par d'autres disciplines. Anteloop, c'est-à-dire Gaël et Gaëtan (bassiste et batteur), créent des installations multimédias et ça nourrit tout le travail de création en numérique. Mais moi, je ne fais pas de différence entre la sortie d'un album et la sortie d'un spectacle. On ne veut pas se cantonner à la forme d'un disque.

En fond du spectacle, il y avait tout ce concept du virtuel, de l'automatisation de la création par l'informatique, etc… Vous vous sentiez fort concernés ?

L'idée dans la version courte du spectacle, c'était de partir d'un processus créatif qui suit librement son chemin et devient par la suite quelque chose de plus abouti. En parlant de création, on a réfléchit et on est tombés sur de la littérature parlant de logiciels pour écrire des scénarios. On trouvait ça génial cette espèce d'hyper-formalisation des critères. Par exemple, le climax qu'il faut placer à telle minute. Et en même temps, on trouvait ça assez horrible. On avait des grosses attentes car on a reçu plus d'argent qu'on n'en a jamais reçu pour créer VHS, parce que le théâtre n'est pas le rock ni le hip-hop (rires). Il y avait une sorte d'« obligation » de résultat, alors on était aux prises avec ça. Puis on a voulu détourner ça avec le personnage d'Elga, une petite fille qui est la voix du logiciel, qui nous dit ce qu'il faut faire pour telle ou telle scène, alors que ce qui se passe sur le plateau est parfois totalement à la tangente, quand on joue des scènes plus sensorielles ou émotionnelles, de ce discours froid qui parle de rebondissements, de paramètres, etc… C'est un peu tout le propos qu'on a voulu y mettre.

Au final, VHS se rapproche plus de la performance artistique dans le sens art contemporain que du spectacle de théâtre conventionnel ?

Oui ! Ce n'est pas du théâtre à textes. C'est de la performance dans le sens qu'un concert de rock est une performance, comme quand les breakers débarquent dans la rue et font des démos, c'est une performance. On ne voulait pas faire juste un spectacle avec une bande son et des breakers qui dansent dessus. On a poussé un peu plus loin.

Site officiel de Flexa Lyndo

Site officiel de Loïc B.O.

VHS est encore joué ce soir, 3 février à 20h30, au Grand manège du Théâtre de Namur. Et il reste des places, plus d'infos ici. On vous encourage à aller y jeter un œil ou une oreille, VHS en vaut le détour.

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Posté par Quentin