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INTERVIEWS

10/12/10

GANGBANG IN HONGKONG

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4 DÉCEMBRE 2010 : L'HÉAUTONTIMOROUMÉNOS ET L'ENTREPÔT PROGRAMMENT UNE SOIRÉE PSYCHÉDÉLIQUE ET PROGRESSIVE À SOUHAIT, RÉUNISSANT UNE PANOPLIE D'ARTISTES NE VERSANT PAS VRAIMENT DANS LE RADIOPHONIQUE. GANGBANG IN HONGKONG CLÔTURE LA SOIRÉE : UN RETOUR AU PAYS POUR FANNY GILLARD, UNE GAUMAISE À LIÈGE, ET UNE PREMIÈRE À L'ENTREPÔT POUR UN GROUPE QUI COMMENCE TOUT DOUCEMENT À FAIRE PARLER DE LUI SUR LES SCÈNES DE WALLONIE. APRÈS UN CONCERT INTENSE, LA CHANTEUSE ET DENIS STIMART (GUITARE) ME REJOIGNENT POUR UNE INTERVIEW OÙ ON NE SERA PAS SURPRIS DE CROISER LES NOMS DE DAVID LYNCH, D'OMAR RODRIGUEZ-LOPEZ OU DE MASSIVE ATTACK.

GangBang In HongKong, c'est qui, c'est quoi ?

Fanny Gillard : Le groupe vient de Liège, même si on n'y habite pas tous, mais on y répète. On s'est rencontré là-bas, à l'époque où on était étudiant. Moi et Mathieu, un des guitaristes, nous nous sommes rencontrés au conservatoire, en théâtre. J'ai rencontré Denis, avec qui je fais un bout de chemin, qui sera long (sourire). Julien, à l'époque c'était dans les soirées, Arnaud est un copain d'enfance, enfin voilà : ça a quand même une bonne dizaine d'années…

Denis Stimard : Arnaud et moi avons acheté notre premier instrument de musique ensemble. On devait avoir 16 ans, on était au magasin de musique et lui a acheté sa basse, moi ma guitare. Ça doit faire une vingtaine d'année qu'on se connaît.

A quand remontent les débuts du groupe ?

F : En juillet 2007. Avant, il y avait Twin Piggs, en référence à David Lynch. Ça remonte déjà à pas mal de temps, avec les mêmes musiciens, sauf le batteur. Ça a tenu deux ans, on a fait trois concerts… Puis après il y a eu bébés, mariés, et on s'est retrouvé. Et on a fait GangBang in HongKong.

GangBang in HongKong, ce n'est pas que de la musique, il y a une esthétique particulière…

: Il y a tellement de groupes pour l'instant que si tu n'offres pas autre chose au public, tu peux faire tout ce que tu veux, tu passeras inaperçu.

F : Ou alors, tu rentres dans la masse…

D : Oui, dans les stéréotypes. Donc nous, vu qu'on est très amateurs de films ou de concerts un peu atypiques comme il y a eu aujourd'hui, la démarche visuelle est très importante. Héautontimorouménos, ces gars-là, c'est leur troisième concert, et malgré ça tu vois qu'il y a un truc, qu'ils dégagent quelque chose, un charisme fou. Nous, on a essayé d'exacerber ça. Les costumes, c'est pour qu'on ne se sente plus qu'un groupe. Il y a Fanny, qui a sa robe noire, mais les mecs derrière sont un peu en « uniforme » pour qu'il n'y ait plus d'individu et que ça ne forme plus qu'un groupe

F : Il y a aussi l'écran, les vidéos derrière nous.

D : D'ailleurs, le délire des costumes blancs, au départ c'était parce qu'on s'était dit que dans les petites salles, les projections seraient derrière et sur nous… Donc avec un costume blanc, au moins… Et l'idée est partie de là. Mais dès le départ, on voulait un projet avec des vidéos, du visuel.

F : On peut même aller plus loin en disant qu'après deux ans et demi de concert, on a vu que pour ceux où il n'y avait pas les vidéos faute de moyens techniques, les gens accrochent moins ! C'est d'ailleurs horrible parce qu'on se dit que notre musique n'est peut-être pas aussi bonne qu'on l'espérait. Les vidéos apportent quelque chose en plus, auquel on tient énormément. Même les costumes… Des gens comme ma maman, ou d'autres, s'en foutent de la musique, mais ma mère est toute fière parce que j'ai une belle petite robe et que mes hommes, autour de moi, sont en costume blanc. Ça nous permet peut-être de toucher d'autres personnes que nous n'aurions pas touchées s'il n'y avait pas eu cette approche là.

D : C'est vrai ! Un jour, à un concert, un mec est venu nous dire « j'suis fan de Johnny Halliday, mais ce que vous faites, c'est mortel ! ». Et ben tu vois, avec ce mec-là, on a gagné notre journée ! Un mec qui n'écoute que Johnny, et qui trippe sur notre musique, cool ! A la base, à mon avis, ce n'est pas le genre de public on peut s'attendre pour notre style de musique.

Est-ce que c'est difficile de reproduire cette identité visuelle intense lors de chaque concert ? Ici c'était l'Entrepôt, donc il y a des moyens techniques, mais dans des bars, des plus petites dates ?

D : Je crois que le fait de faire des concerts dans des cafés, comme chacun fait au début, dans des conditions parfois dantesques…

F : … Catastrophiques !

D : Et bien, ça nous a aidé à avoir n'importe où cette dynamique, cette énergie. Si on joue devant trois personnes, on fera la même chose, on y va à fond la caisse ! C'est du 100%, même 150, on se donne à fond quelque soit le concert.

Il y a effectivement beaucoup d'intensité, de tension. Comment vous sentez-vous après avoir terminé un concert, ce qui est le cas juste là maintenant ?

F : On est tué… En tout cas, après des concerts comme aujourd'hui, où on fait le set complet. Et encore, il manquait un morceau, qu'on a pas joué parce qu'il se démarque plus, on avait peur que ça n'accroche pas. Vidés ! On donne tout, surtout dans des chouettes concerts comme aujourd'hui ! On sait qu'on peut se permettre de tout donner parce qu'on sait qu'on ne devra pas gérer le son, et ceci, et cela… Les petits détails qui font que ça fout tout en l'air.

: Quand on joue dans des conditions comme ceci, on ne s'occupe que de sa musique. Et c'est ce le principal, finalement, quand on te demande de venir jouer. C'est pour faire de la musique, pas pour commencer à gérer 36000 machins. Du coup, on est à plat… Et n'importe où, qu'il y ait du monde ou qu'il n'y en ait pas. On a envie de donner.

Votre univers a un coté un peu sexy…

F : Oui, forcément, le « GangBang », on a appris à en jouer. C'était fort difficile pour moi d'ailleurs car je n'ai jamais joué là-dessus, malgré les quatre années de conservatoire, le premier prix en théâtre et tout ça. Justement, j'ai toujours pris un pied d'enfer à m'enlaidir, à me rendre moche. Mais là, ce n'était pas ça que je devais faire, il fallait que je joue sur le coté « sexy », « GangBang »… En fait, c'est plus que « sexy », c'est plutôt « sexe », sensuel. Et j'ai appris beaucoup, sur moi-même, sur la féminité… Et, oui, on en joue, dans les vidéos aussi, assez érotiques parfois, avec des images, des sous-entendus… Des gestes sur scène qu'on essaye de revivre à chaque fois d'une manière assez intense, mais aussi ‘profonde'. C'est le cas de le dire, c'est un terme qui se rapporte de nouveau au cul.

C'est sexy, mais ce n'est pas rose, c'est même plutôt sombre…

D : C'est un peu une « déformation professionnelle », parce qu'on est tous dans ce coté un peu glauque, dérangeant… Comme les films de David Lynch, par exemple. Quand tu sors d'un film de David Lynch, tu ne te sens pas forcément à l'aise, mais tu vis quelque chose.

F : On vit ça par rapport au public, on a même un exemple concret. Ma belle-sœur n'aime pas venir nous voir, elle a fini par nous avouer : « j'aime pas, quand je sors, je me sens pas bien, je suis nerveuse… » et c'est génial, parce qu'un d'un certain coté, c'est un peu ça qu'on recherche.

D : Peut-être aussi que par le futur, on prendra une toute autre direction. Peut-être que c'est juste une période de création, et qu'après on fera des trucs « happy » ! Mais c'est vrai que, pour l'instant, on est en plein dedans.

F : On aime bien jouer avec la crasse des gens, faire remuer les intérieurs. Faire ressortir des choses rien qu'en regardant un concert.

D : Et je crois aussi que les gens ont une certaine attirance vers le morbide. Si tu regardes les experts, les cadavres toute la journée à la TV, les infos… La télé réalité aussi, c'est glauque… Nous, on joue avec cette attirance, du moins on essaye. Ce n'est pas toujours réussi, mais on tente.

Parlons un peu du style musical… C'est un rock progressif, psychédélique… Il y a même un morceau, pendant le concert, qui était un peu plus dub.

F : Oui ! C'était notre deuxième, et il s'appelle d'ailleurs « Dub ». C'est un petit délire un peu « happy », justement. C'est le seul qu'on ait, mais on le trouve puissant malgré tout, donc on le joue.

Quelles sont les influences communes ?

F : Il n'y en a aucune… C'est l'enfer !

D : Si, si ! Il y a quand même des choses qu'on apprécie tous. Massive Attack, on reconnaît tous que… A des degrés divers, mais on apprécie. PJ Harvey pareil, Sonic Youth, Led Zep', Jimi Hendrix, Pink Floyd… Mars Volta…

F : Non! Je ne supporte pas ça. C'est complètement déconstruit, ça m'énerve, ça n'a pas de rythme…

D : Par contre, moi, je suis le plus grand fan interplanétaire des Mars Volta.

Désolé, je pense que c'est moi…

F : Ah, non, Nico, non ! Ça me casse la tête, moi !

D : Je dois dire que j'ai même les vinyles des Mars Volta.

F : Attends, il a la même guitare que Omar Rodriguez-Lopez, de chez Ibanez, c'est ça ? C'est un malade.

J'ai une basse Jetking également !

D : Ah ouais ? Cool ! En tout cas, pour les musicos, on reconnaît que ça nous a marqué.

Au niveau du travail du son, les Mars Volta semblent effectivement être une grosse influence...

D :  Oui. Pour les guitares, en tout cas. Il y a aussi un peu de Rage. On est fort ‘années nonante', c'est notre génération. On était adolescent pendant Nirvana, Pearl Jam, donc forcément… Il y a aussi Tool ! Tool, c'est indéniable…

F : Moi, Portishead, Janis Joplin, Jefferson Airplane… Pas tellement des trucs de maintenant. Mais je suis très très électro. Je sais qu'avec GangBang, on n'est pas du tout là-dedans, mais je suis une méga fan de ce genre de trucs… Même commerciaux ! Yeah Yeah Yeahs, les Ting Tings, Waxdolls… En répète, quand on compose, il y a parfois des disputes conjugales, parce qu'on n'est pas d'accord. Du coup, créer des morceaux nous prend énormément de temps, mais ça les rend riche également.

Quelle est votre actualité ? Il y a eu le Concours-Circuit, vous avez parlé sur scène d'un enregistrement… ?

F : Oui, il y a eu le Concours-Circuit, on s'est arrêté en demi-finale. Au départ de 200, être dans les 13 derniers, c'est vachement bien, on est bien content. Et on rentre en studio le 14 février, pour enregistrer l'album… Croisons les doigts pour qu'après ça fonctionne, et qu'on puisse le sortir pour septembre.

D : Mais il n'y a pas de raison que cela ne fonctionne pas.

Dernière question… Ça fait quoi d'être le tout premier chroniqué après la renaissance de Rock'n Gaume ?

D : Ça nous a fait super plaisir ! A mon avis, à Fanny encore plus, puisqu'elle est de la région, j'aurais tendance à avoir un œil plus objectif. Fanny était super contente.

F : Moi, je ne comprenais pas, on était très touché. Et puis ce n'était qu'une démo, maintenant on dit « E.P. » pour être à la mode parce qu'il y a plus de trois morceaux, qu'on a fait à la va-vite en Allemagne, où on ne savait même pas exprimer ce qu'on voulait ! C'était vraiment du vite fait bien fait, et voir que tout à coup, tu fais un article très chouette, bien écrit… Assez élogieux, même ! C'est très touchant.

D : C'est élogieux, mais en même temps tu as donné ton avis. A propos de Friend to Kill, tu as dit que ça ressemblait un peu à Tool et clairement, c'est le premier morceau qu'on a fait tous les cinq et cette influence est très présente, je suis d'accord avec toi. Mais je suis le site de temps en temps, et j'ai vu que même en dehors de la chronique, tu parlais parfois de nous, c'est cool !

Avec plaisir. Bien, merci beaucoup !

Merci à toi.

A découvrir sur http://www.myspace.com/gangbanginhongkong.

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